Vous vendez un appartement au Roucas-Blanc, vous louez un T2 à la Plaine, vous engagez des travaux dans un immeuble du Panier : dans les trois cas, la loi impose de faire intervenir un diagnostiqueur immobilier certifié avant de signer. À Marseille, cette obligation prend une couleur particulière : un parc ancien parmi les plus contrastés de France, un arrêté préfectoral termites qui couvre l’intégralité du territoire communal, et un zonage radon qui coupe la commune en deux.
EDL Diagnostic intervient sur l’ensemble des arrondissements marseillais, du 13001 au 13016, avec des techniciens certifiés par un organisme accrédité COFRAC.
Pourquoi faire appel à un diagnostiqueur certifié à Marseille ?
Le diagnostiqueur immobilier n’est pas un simple technicien de passage. C’est un professionnel dont la certification est délivrée par un organisme accrédité par le COFRAC, renouvelée tous les cinq à sept ans selon les domaines, et assortie d’une surveillance périodique. Cette certification n’est pas un label commercial : elle conditionne la validité juridique de vos rapports.
Un diagnostic réalisé par un intervenant non certifié est inopposable. Si un acquéreur découvre après la vente que le dossier a été établi par un prestataire dont la certification était expirée, il peut demander l’annulation de la vente ou une réduction du prix. Le vendeur perd alors le bénéfice de la clause d’exonération des vices cachés, qui constitue pourtant l’intérêt principal du dossier de diagnostic technique.
À Marseille, où les délais de vente sont courts dans les arrondissements sud, cette sécurité juridique n’est pas un détail. C’est précisément le rôle que joue le métier de diagnostiqueur immobilier, encadré par le Code de la construction et de l’habitation.
Termites : Marseille est intégralement couverte par arrêté préfectoral
C’est la spécificité marseillaise la plus lourde de conséquences, et pourtant la plus souvent ignorée des vendeurs. Le département des Bouches-du-Rhône a été déclaré totalement termité par l’arrêté préfectoral du 19 juillet 2001, modifié par l’arrêté du 10 août 2001.
Contrairement à la plupart des départements, où seules certaines communes sont visées par un arrêté de délimitation, les Bouches-du-Rhône ne connaissent aucune exception territoriale. Immeuble haussmannien du 1er, bastide du 9e ou résidence des années 1970 du 14e : l’obligation est la même. L’état relatif à la présence de termites doit être annexé au dossier de diagnostic technique lors de toute vente d’un immeuble bâti.
Deux conséquences pratiques en découlent :
- L’état termites a une durée de validité de six mois seulement. C’est le diagnostic le plus court du dossier de vente. Une promesse signée en janvier et réitérée en septembre impose de le refaire.
- En cas de construction neuve ou d’aménagement, des mesures spécifiques de protection contre les termites souterrains s’appliquent sur l’ensemble du département.
Le diagnostic termites porte sur les parties visibles et accessibles du bien et sur ses abords immédiats. Ce n’est pas un traitement mais un constat à un instant donné : la présence d’indices d’infestation déclenche une obligation de déclaration en mairie.
En revanche, aucun arrêté préfectoral mérule n’a été pris dans les Bouches-du-Rhône. Le diagnostic mérule n’y est donc pas imposé par un zonage réglementaire, contrairement à la Bretagne ou au Nord. Il reste conseillé au cas par cas, en cave et rez-de-chaussée humides.
Radon : une ville coupée en deux
Voici l’anomalie marseillaise que la plupart des pages concurrentes passent sous silence. L’arrêté du 27 juin 2018 portant délimitation des zones à potentiel radon classe l’ensemble des Bouches-du-Rhône en zone 1 — potentiel faible — à l’exception explicite des 11e, 12e, 13e, 14e et 15e arrondissements de Marseille, classés en zone 2.
Autrement dit, un vendeur de Saint-Marcel (11e) ou de Sainte-Marthe (14e) n’est pas soumis aux mêmes mentions qu’un vendeur d’Endoume (7e), dans la même commune. La zone 2 correspond à des terrains à teneur en uranium faible, mais où des cavités ou des failles peuvent faciliter la remontée du gaz vers les bâtiments.
Cette information doit figurer dans l’état des risques et pollutions, valable six mois, remis à l’acquéreur ou au locataire. Un diagnostiqueur qui applique un modèle générique « Marseille zone 1 » à un bien du 12e produit un document erroné.
Amiante et plomb : ce que dit le bâti marseillais
Le parc immobilier phocéen impose une lecture fine des dates de construction.
Le plomb concerne les logements dont le permis de construire est antérieur au 1er janvier 1949. À Marseille, cela vise l’essentiel du centre ancien : le Panier, Noailles, Belsunce, une large part des 1er, 2e, 5e et 6e arrondissements, mais aussi de nombreux immeubles de rapport du 3e. Le constat de risque d’exposition au plomb recherche le plomb dans les revêtements, principalement les peintures anciennes des huisseries et des cages d’escalier. Sa validité est d’un an en cas de vente si le constat est positif, illimitée s’il est négatif.
L’amiante concerne les biens dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997. Le périmètre dépasse largement le centre historique : grands ensembles des quartiers nord bâtis entre 1955 et 1975, copropriétés des années 1960 du 9e et du 10e, bâti de reconstruction du Vieux-Port. Le diagnostic amiante porte sur les matériaux des listes A et B : flocages, calorifugeages, faux plafonds, dalles de sol, conduits, toitures. À ne pas confondre avec le repérage avant travaux, nettement plus intrusif, exigé dès qu’une opération touche à la structure.
Louer à Marseille : décence, permis de louer et DPE
Marseille est une ville de locataires, et la réglementation locative y est particulièrement surveillée. Le dossier de diagnostic technique à fournir au locataire comprend le DPE, le CREP pour les biens d’avant 1949, l’état des risques, la surface habitable au sens de la loi Boutin, ainsi que les états des installations intérieures d’électricité et de gaz lorsque celles-ci ont plus de quinze ans.
S’ajoute un dispositif proprement marseillais : le permis de louer. Mis en place par la Métropole Aix-Marseille-Provence depuis 2019 dans le cadre de sa stratégie de lutte contre l’habitat indigne, il impose au bailleur d’obtenir une autorisation préalable avant toute nouvelle mise en location. Expérimenté d’abord sur un périmètre du quartier de Noailles, il a ensuite été étendu à d’autres secteurs, dont la Belle-de-Mai. Les sanctions vont de 5 000 € à 15 000 € en cas de mise en location sans autorisation ou malgré un refus.
Ce dispositif ne remplace pas les diagnostics : il s’y superpose. Les périmètres évoluent régulièrement et sont définis par délibération métropolitaine. Avant toute mise en location, vérifiez l’adresse exacte auprès de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Pour le reste du cadre applicable, notre synthèse des obligations en location détaille les pièces à réunir.
Réforme du DPE 2026 : ce qui change pour les logements marseillais
Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, en application de l’arrêté du 13 août 2025. Cette modification produit des effets massifs à Marseille, où le chauffage électrique — convecteurs, panneaux rayonnants, pompes à chaleur — équipe une part importante des appartements construits après 1970 et des rénovations récentes.
Environ 850 000 logements sont reclassés à l’échelle nationale, généralement d’une lettre. Un appartement du 13e classé F peut ainsi basculer en E, ce qui change radicalement sa situation au regard du calendrier locatif. Les propriétaires disposant d’un DPE réalisé après juillet 2021 peuvent obtenir une attestation rectificative gratuite auprès de l’ADEME, sans nouvelle visite technique. Notre article sur le nouveau coefficient électrique explique le mécanisme en détail.
Le calendrier d’interdiction de location reste inchangé : les logements classés G sont interdits depuis janvier 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034. En cas de doute, notre guide mon logement est-il louable donne les repères utiles.
Autre échéance à intégrer pour les nombreuses copropriétés marseillaises : depuis le 1er janvier 2026, le DPE collectif est obligatoire pour les copropriétés de 50 lots ou moins. Une part très substantielle des immeubles du centre-ville et des arrondissements sud entre dans cette catégorie.
Combien coûte un diagnostiqueur immobilier à Marseille ?
Le tarif n’est pas réglementé. Il dépend du nombre de diagnostics, de la surface, de l’année de construction et de l’accessibilité des locaux — point sensible dans les immeubles sans ascenseur du 5e ou du 6e. Pour un appartement marseillais, un pack de vente complet se situe généralement entre 250 € et 450 €. Une maison, avec combles et vide sanitaire, se situe au-dessus. Un DPE seul démarre autour de 100 €.
Ces montants se lisent au regard de la valeur du bien. Au 1er juillet 2026, MeilleursAgents estime le prix moyen à Marseille à environ 3 626 €/m² pour les appartements et 4 911 €/m² pour les maisons, avec des écarts marqués : environ 3 315 €/m² dans le 16e contre près de 5 574 €/m² dans le 7e. Sur un T3 de 65 m² dans le 8e, le dossier complet représente moins de 0,15 % du prix de vente. Notre page sur le prix d’un diagnostic immobilier détaille la composition d’un devis.
Méfiez-vous des offres anormalement basses : un tarif décroché du marché signale souvent une visite expédiée ou une couverture d’assurance limitée.
Comment choisir votre diagnostiqueur à Marseille
Quatre vérifications suffisent à écarter l’essentiel des mauvaises surprises.
La certification, domaine par domaine. Un diagnostiqueur est certifié séparément pour le DPE, l’amiante, le plomb, les termites, l’électricité et le gaz. Demandez les attestations et leur date d’échéance ; l’annuaire officiel du ministère du Logement permet un contrôle indépendant.
L’assurance responsabilité civile professionnelle. Obligatoire, elle doit couvrir chaque domaine exercé et indemnise en cas d’erreur de mesurage ou de recherche incomplète.
L’indépendance. Aucun lien avec l’agence, le notaire ou l’entreprise de travaux : cette impartialité est une condition légale.
La connaissance du terrain. Zonage radon infra-communal, arrêté termites départemental, périmètres du permis de louer : cela ne s’improvise pas.
Pour gagner du temps le jour de l’intervention, notre article sur la préparation de la visite du diagnostiqueur liste les accès et documents à réunir en amont.