Le diagnostic de performance énergétique est obligatoire à Montigny-en-Ostrevent pour toute vente et toute location, il reste valable dix ans et seul un professionnel certifié peut l’établir. Sur un territoire où l’habitat minier a laissé des rangées de maisons rigoureusement identiques, une question revient sans cesse : pourquoi deux logements construits sur le même plan n’obtiennent-ils pas la même note ? La réponse tient souvent à un paramètre qu’on ne peut pas changer — l’orientation.
Orientation et apports solaires : le paramètre invisible
Le soleil entre dans le calcul
Le DPE ne se contente pas d’additionner des déperditions. Il retranche aussi ce que le logement récupère gratuitement : les apports solaires captés par les baies vitrées. Ces apports sont pondérés selon l’orientation de chaque façade, et ils sont loin d’être négligeables sur la saison de chauffe.
Une façade exposée au sud reçoit, en hiver, un rayonnement bien supérieur à une façade nord — non seulement parce que le soleil s’y trouve, mais parce que sa hauteur dans le ciel, faible en saison froide, permet au rayonnement de pénétrer profondément dans les pièces.
Les masques, relevés eux aussi
Encore faut-il que ce rayonnement atteigne les fenêtres. Le diagnostiqueur relève donc les masques, c’est-à-dire tout ce qui fait obstacle au soleil.
Les masques proches appartiennent au bâtiment lui-même ou à son environnement immédiat : débord de toiture, balcon de l’étage supérieur, retour de mur, mur de clôture élevé, appentis. Les masques lointains sont extérieurs : immeuble voisin, rangée d’en face, relief, terril, alignement d’arbres.
Cette distinction a une conséquence pratique intéressante. Un arbre à feuilles caduques masque le soleil en été, quand on n’en veut pas, et le laisse passer en hiver, quand on en a besoin. Un conifère, lui, masque toute l’année. À l’échelle d’un jardin, ce choix n’est pas anodin.
Pourquoi les cités en rangées illustrent si bien le phénomène
Prenez deux rangées de maisons minières se faisant face de part et d’autre d’une rue. Plans identiques, matériaux identiques, mêmes menuiseries d’origine. Et pourtant : les maisons d’une rangée ont leurs pièces de vie au sud, celles d’en face les ont au nord. À isolation strictement égale, l’écart d’apports solaires sur une saison de chauffe se lit dans le résultat.
S’y ajoute le cas des maisons d’extrémité. Dans une bande, une maison intermédiaire ne possède que deux façades exposées, les murs mitoyens ne comptant pas comme déperditifs. Une maison de bout de rangée en possède trois : son pignon donne directement sur l’extérieur. Elle est donc structurellement désavantagée, et souvent d’une demi-classe à une classe entière, pour un plan rigoureusement identique.
Ce que l’on peut faire, et ce que l’on ne peut pas
On ne réoriente pas une maison. Mais trois leviers restent accessibles.
Traiter les masques que l’on maîtrise : élaguer ou remplacer une végétation persistante qui prive les baies sud de tout apport hivernal.
Concentrer l’effort d’isolation sur les façades les moins favorisées. Sur une maison dont les pièces de vie donnent au nord, la façade nord et le pignon exposé méritent la priorité, puisqu’ils ne reçoivent aucun apport compensateur.
Poser des protections solaires extérieures au sud, qui n’enlèvent rien aux apports d’hiver — le soleil bas passe sous un débord — mais évitent la surchauffe estivale, lorsque le soleil est haut.
Un mot enfin sur ce que l’orientation ne détermine pas. Elle explique une part des écarts, jamais leur totalité. Sur deux maisons voisines de même orientation, l’état des combles, la génération des menuiseries et le mode de chauffage produisent des différences bien supérieures. L’orientation est un paramètre subi qu’il faut connaître pour comprendre son point de départ ; ce n’est pas une fatalité, et une maison au nord correctement isolée dépassera toujours une maison au sud laissée en l’état.
Vente et location : vos obligations
Pour une vente
L’étiquette énergétique doit figurer sur l’annonce dès sa publication et le DPE être annexé au compromis puis à l’acte authentique. Il rejoint le dossier de diagnostic technique, aux côtés du constat de risque d’exposition au plomb pour le bâti antérieur à 1949 — c’est-à-dire l’essentiel de l’habitat minier —, du repérage amiante pour les constructions antérieures à juillet 1997, et des états des installations électriques et gaz de plus de quinze ans. Notre guide du DPE pour la vente détaille l’assemblage complet.
Pour une mise en location
Le bailleur doit remettre un DPE valide à la signature du bail comme à son renouvellement. La classe énergétique conditionne désormais le droit même de louer. Les règles applicables au DPE en location précisent les cas particuliers.
Validité et opposabilité
Dix ans, sauf travaux substantiels modifiant les caractéristiques thermiques. Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est opposable : l’acquéreur ou le locataire qui relève une erreur peut engager la responsabilité du vendeur, du bailleur et du diagnostiqueur.
Un habitat façonné par la mine
Montigny-en-Ostrevent appartient à l’Ostrevent, ce territoire du Douaisis longtemps organisé autour de l’extraction charbonnière. Son parc bâti en porte les traces : maisons en bandes, briques et tuiles, alignées le long de voies rectilignes, auxquelles se sont ajoutés un pavillonnaire d’après-guerre et des programmes plus récents.
Cette homogénéité a un avantage rarement souligné. Sur des maisons construites au même moment, selon les mêmes plans, avec les mêmes matériaux, ce qui explique les écarts de note se réduit à un petit nombre de facteurs : l’orientation et les masques, la position dans la bande, l’état de l’isolation des combles, la nature des menuiseries et le système de chauffage. Un diagnostic bien conduit identifie donc rapidement où se situe le gisement.
Elle a aussi une conséquence utile pour le propriétaire : les travaux qui fonctionnent chez l’un fonctionnent chez l’autre. Le retour d’expérience d’un voisin ayant rénové vaut ici davantage qu’une moyenne nationale — à condition de tenir compte de son orientation et de sa position dans la rangée.
Prix d’un DPE à Montigny-en-Ostrevent
| Type de bien | Fourchette observée |
|---|
| Appartement T2 à T3 | 100 à 140 € |
| Maison en bande jusqu’à 100 m² | 120 à 170 € |
| Maison de 100 à 160 m² | 150 à 210 € |
| Maison de plus de 160 m² | à partir de 200 € |
Aucune réglementation n’encadre les tarifs des diagnostics : chaque cabinet fixe librement ses prix. Le devis dépend de la surface habitable, de l’année de construction, du nombre de systèmes à relever et de l’accessibilité des combles et des caves.
Regrouper les diagnostics en une seule visite reste le levier d’économie le plus simple, le déplacement et la constitution du dossier n’étant alors facturés qu’une fois. Sur du bâti d’avant 1949, le pack vente comprend systématiquement le constat plomb. Notre guide des tarifs des diagnostics immobiliers détaille les combinaisons selon le projet.
Coefficient électrique 1,9 : ce qui a changé au 1er janvier 2026
Le DPE ne mesure pas la consommation facturée mais l’énergie primaire. Jusqu’à fin 2025, un kilowattheure d’électricité comptait pour 2,3 kilowattheures d’énergie primaire ; depuis le 1er janvier 2026, en application de l’arrêté du 13 août 2025, ce coefficient est ramené à 1,9.
À consommation identique, un logement chauffé à l’électricité gagne donc mécaniquement en note. Les maisons restées au fioul demeurent doublement pénalisées, par leur consommation et par leur facteur d’émission de gaz à effet de serre.
Cette réforme n’a en revanche aucun effet sur l’orientation ni sur les apports solaires : ils relèvent de la physique du bâtiment, non de la conversion de l’énergie consommée.
Passoires thermiques : le calendrier applicable
Location interdite pour les logements classés G depuis 2025, pour les F en 2028, pour les E en 2034, avec gel des loyers pour les classes F et G. La vente, elle, reste entièrement libre. Un bien en monopropriété classé F ou G mis en vente doit toutefois être accompagné d’un audit énergétique réglementaire.
Sur un parc largement antérieur aux premières réglementations thermiques, l’échéance de 2028 concerne un volume important de logements locatifs. Les maisons d’extrémité de rangée et celles dont les pièces de vie donnent au nord méritent une attention prioritaire : ce sont elles qui se trouvent le plus souvent en limite de classe. Notre guide du propriétaire de passoire thermique détaille les arbitrages entre travaux et décote.
État des risques et vérifications complémentaires
L’état des risques et pollutions est obligatoire au dossier de vente comme de location, valable six mois, et recense les aléas propres à votre parcelle. Sur une commune du bassin minier, marquée par plus d’un siècle d’exploitation, sa lecture attentive n’a rien d’une formalité : la situation exacte d’une parcelle se vérifie auprès de la mairie ou de la préfecture.
Les zonages termites et mérule, quant à eux, sont fixés commune par commune par arrêté préfectoral et ne se déduisent jamais d’un département entier. En cas de désordres d’humidité, faites confirmer la situation de votre adresse auprès de la préfecture plutôt que de vous fier à une source commerciale.
Déroulé de l’intervention et documents à préparer
Comptez de quarante-cinq minutes à deux heures selon le bien. Le diagnostiqueur relève les surfaces déperditives, leur orientation, les masques proches et lointains, la nature et l’épaisseur des isolants, les menuiseries, le chauffage, la production d’eau chaude et la ventilation. La méthode conventionnelle dite 3CL s’impose et ne dépend pas des habitudes des occupants.
Réunissez les factures et attestations de travaux d’isolation, les notices des équipements, les plans et les permis des extensions. Sur une maison en bande, signalez précisément les mitoyennetés et indiquez si vous occupez une position d’extrémité : c’est déterminant pour le calcul des parois déperditives. Laissez également le technicien faire le tour extérieur du bien — c’est là qu’il relève les masques.
Le rapport est enregistré auprès de l’ADEME avec un numéro à treize caractères. Pour tout DPE réalisé depuis juillet 2021, l’attestation officielle se télécharge gratuitement sur l’observatoire de l’ADEME : aucun prestataire n’est fondé à vous la facturer.