Châteaurenard est la capitale du marché d’intérêt national des fruits et légumes de Provence, une ville de plus de 16 000 habitants dominée par son château médiéval, à la charnière entre la plaine de la Durance et les portes des Alpilles. Son immobilier mêle un centre ancien dense, d’anciennes maisons de négociants agricoles et une large couronne pavillonnaire.
Cette commune présente une particularité réglementaire qu’aucune autre du secteur ne partage : son plan de prévention du risque d’inondation a fait l’objet d’une décision du Conseil d’État. Un détail qui n’en est pas un pour qui vend ou loue un bien, car il touche directement au contenu de l’état des risques. Voici ce qui s’applique à Châteaurenard en 2026.
Le DPE à Châteaurenard : cadre et validité
Le DPE est obligatoire pour toute vente et toute mise en location d’un logement. Sa classe, de A à G, doit figurer dans l’annonce dès la première diffusion, accompagnée de l’estimation des dépenses annuelles d’énergie.
Sa validité est de dix ans, sous une réserve décisive : les DPE établis avant le 1er juillet 2021 ne sont plus opposables. Un rapport antérieur à cette date n’a plus de valeur juridique, quelle que soit l’échéance qu’il affiche.
Le calcul repose sur la méthode 3CL, qui analyse l’enveloppe du bâtiment, le chauffage, l’eau chaude sanitaire, la ventilation et le refroidissement. À Châteaurenard, trois profils dominent :
- Le centre ancien, autour de la vieille ville et des abords du château, avec des maisons souvent antérieures à 1948 : bâti mitoyen, faible isolation, combles rarement traités. Ce sont les biens les plus exposés aux classes F et G.
- Les maisons de négoce et bastides agricoles, témoins de la prospérité maraîchère, parfois vastes et coûteuses à chauffer.
- Les lotissements pavillonnaires postérieurs à 1975, développés vers Saint-Éloi et la périphérie, généralement mieux classés mais fréquemment tout électrique.
Notre présentation générale du diagnostic de performance énergétique détaille la méthode et les critères retenus.
PPRi de la Durance : un plan passé par le Conseil d’État
C’est le point qui distingue Châteaurenard des autres communes de la plaine. Le plan de prévention du risque d’inondation de la commune, rattaché au dispositif de la basse vallée de la Durance, a été approuvé par arrêté préfectoral du 12 avril 2016. Il s’inscrit dans la « Doctrine Rhône », cadre national qui régit l’élaboration des PPRi sur le Rhône et ses affluents à crues lentes, dont la Durance.
Ce plan a ensuite été contesté devant le juge administratif, et le Conseil d’État a rendu une décision — la décision n° 449412 — dont l’application a conduit la préfecture à prendre, le 28 avril 2023, un arrêté supprimant certaines mentions de zonage du plan initial. Concrètement, le règlement et les cartes de zonage opposables aujourd’hui ne sont pas strictement identiques à ceux de 2016.
La conséquence pour une transaction est immédiate et sous-estimée. Un état des risques établi sur la base de l’ancien zonage, ou par un prestataire qui n’aurait pas intégré la mise à jour de 2023, peut décrire un classement erroné. Or l’état des risques et pollutions doit refléter le zonage réglementaire en vigueur, être établi moins de six mois avant la signature et annexé à la promesse comme à l’acte définitif, en application de l’article L. 125-5 du Code de l’environnement.
La commune est par ailleurs sensible aux crues : depuis 1982, huit arrêtés de catastrophe naturelle pour inondation y ont été publiés au Journal officiel. Le zonage réglementaire, qui distingue notamment des zones de types R1, RH et BE, se vérifie adresse par adresse en mairie ou auprès de la DDTM des Bouches-du-Rhône. Un vendeur qui remet un état des risques imprécis s’expose à une action en diminution du prix, voire en résolution de la vente.
Radon et sismicité : ce qu’il faut savoir
Deux autres aléas figurent au dossier sans déclencher d’obligation lourde.
Côté radon, l’arrêté du 27 juin 2018 classe l’ensemble des Bouches-du-Rhône en zone 1, à potentiel faible, avec une liste limitative de communes reclassées en zone 2. Châteaurenard ne figure pas dans cette liste : la commune reste en zone 1. Ce classement ne déclenche aucune mention obligatoire au titre du radon, l’obligation formelle visant le niveau 3.
Côté sismicité, Châteaurenard est classée en zone 3, correspondant à un aléa modéré, comme une grande partie du nord des Bouches-du-Rhône. Ce classement n’entre pas dans le dossier de diagnostics, mais il impose des règles de construction parasismique pour le bâti neuf et certaines rénovations lourdes.
Termites : une obligation sans exception territoriale
Les Bouches-du-Rhône ont été déclarées totalement termitées par l’arrêté préfectoral du 19 juillet 2001, modifié par l’arrêté du 10 août 2001. Contrairement à la plupart des départements, où seules certaines communes sont visées par une délimitation, le 13 ne connaît aucune exception : Châteaurenard est intégralement concernée.
L’état relatif à la présence de termites doit donc être annexé au dossier de diagnostic technique lors de toute vente d’un immeuble bâti. Sa validité n’est que de six mois — la même que celle de l’état des risques, ce qui aligne le calendrier des deux pièces les plus périssables du dossier. Le diagnostic termites porte sur les parties visibles et accessibles ainsi que sur les abords immédiats, un point qui compte pour les bastides sur grande parcelle.
Aucun arrêté préfectoral mérule n’existe en revanche dans le département. Le diagnostic mérule n’est pas imposé par un zonage à Châteaurenard ; il reste conseillé au cas par cas, notamment pour les biens anciens sur sols humides de la plaine.
Réforme du coefficient électrique 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, en application de l’arrêté du 13 août 2025. Environ 850 000 logements sont reclassés au niveau national, le plus souvent d’une lettre.
À Châteaurenard, l’effet se concentre sur les lotissements pavillonnaires postérieurs à 1975, largement équipés de convecteurs électriques. Une maison classée F sur un rapport antérieur peut ressortir en E, ce qui la sort du calendrier d’interdiction de 2028. Le centre ancien et les grandes bastides, dont le problème tient à l’enveloppe et aux volumes, en bénéficient beaucoup moins.
Les propriétaires disposant d’un DPE réalisé après juillet 2021 peuvent obtenir gratuitement une attestation rectificative auprès de l’ADEME, sans nouvelle visite. Notre article sur le nouveau coefficient électrique détaille la mécanique de recalcul.
Le calendrier locatif reste inchangé : les logements classés G sont interdits à la location depuis janvier 2025, les F le seront en 2028, les E en 2034. Notre guide mon logement est-il louable donne les repères. Pour les biens classés E, F ou G mis en vente, l’audit énergétique réglementaire s’ajoute au DPE — un cas fréquent pour les grandes bastides.
Amiante, plomb et installations : le reste du dossier
L’amiante concerne les biens dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997 : à Châteaurenard, à la fois le bâti ancien du centre et l’essentiel des lotissements des années 1970 et 1980. Le diagnostic amiante porte sur les matériaux des listes A et B : faux plafonds, dalles de sol, conduits, toitures en fibrociment courantes sur les hangars et dépendances agricoles. À ne pas confondre avec le repérage avant travaux, nettement plus intrusif, exigé dès qu’une opération touche à la structure.
Le plomb concerne les logements dont le permis est antérieur au 1er janvier 1949 : le centre ancien et les maisons de négoce les plus anciennes. Le constat de risque d’exposition au plomb recherche le plomb dans les revêtements, principalement les peintures anciennes.
Les installations intérieures d’électricité et de gaz dès lors qu’elles ont plus de quinze ans, en vente comme en location. Dans le bâti ancien, les non-conformités sont fréquentes.
Le mesurage loi Carrez pour toute vente de lot en copropriété ; en location, c’est la surface habitable au sens de la loi Boutin qui s’applique. Notre synthèse des obligations en location récapitule les pièces d’un dossier de bail.
Depuis le 1er janvier 2026, le DPE collectif est obligatoire pour les copropriétés de 50 lots ou moins, seuil qui couvre l’essentiel des résidences de la commune.
Prix d’un DPE à Châteaurenard
Le tarif n’est pas réglementé. Il dépend de la surface, de l’année de construction, du type de chauffage et de l’accessibilité des locaux. Comptez à partir de 100 € pour un DPE seul, et de 250 € à 450 € pour un pack de vente complet. Une bastide ou une maison de négoce, avec dépendances et grands volumes, se situe dans le haut de cette fourchette, voire au-dessus.
Au 1er mai 2026, MeilleursAgents estime le prix moyen à Châteaurenard à environ 2 526 €/m² pour les appartements et 2 894 €/m² pour les maisons. Ce sont des niveaux modérés, typiques du nord des Bouches-du-Rhône, mais la fourchette pour les maisons est large — de 1 259 € à 5 009 €/m² — ce qui reflète l’écart entre pavillon standard et bastide de caractère.
Cette amplitude a une conséquence directe : sur un marché où l’acheteur négocie serré, un dossier de diagnostics irréprochable protège le prix. À Châteaurenard, où le zonage du PPRi a précisément été remanié après décision du Conseil d’État, la fiabilité de l’état des risques n’est pas un détail — c’est le point où un vendeur mal accompagné perd le plus facilement du terrain. Notre guide des tarifs de diagnostics immobiliers détaille la composition d’un devis.