Le diagnostic de performance énergétique est obligatoire à Marly-le-Roi pour toute vente et toute location, il reste valable dix ans et seul un professionnel certifié peut l’établir. La commune présente une particularité rare en Yvelines : son parc de 7 800 logements se partage entre un village ancien classé au titre de ses abords patrimoniaux et une immense copropriété des années 1950 aujourd’hui labellisée. Les deux posent des questions énergétiques radicalement différentes.
Vente et location : quand le DPE devient obligatoire
Pour une vente
Dès la publication de l’annonce, l’étiquette énergétique doit apparaître et le DPE être tenu à disposition. Le document est annexé au compromis puis à l’acte authentique, au sein du dossier de diagnostic technique. À Marly-le-Roi, il s’accompagne le plus souvent du constat de risque d’exposition au plomb pour le bâti d’avant 1949, du repérage amiante, des états des installations électriques et gaz de plus de quinze ans, et du mesurage loi Carrez pour les lots en copropriété. Notre guide du DPE pour la vente détaille cet assemblage.
Pour une mise en location
Le bailleur doit remettre un DPE valide à la signature comme au renouvellement du bail. Les locataires représentent 25,3 % des ménages marlychois, une proportion significative qui rend le sujet immédiat : la classe énergétique conditionne désormais le droit même de louer. Les règles applicables au DPE en location précisent les cas particuliers.
Validité et opposabilité
Dix ans, sauf travaux substantiels modifiant les caractéristiques thermiques du logement. Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est opposable : l’acquéreur ou le locataire qui relève une erreur peut engager la responsabilité du vendeur, du bailleur et du diagnostiqueur.
Un marché à deux vitesses : ce que le prix au m² révèle
Au 1er août 2026, l’estimation moyenne s’établit à 4 433 €/m² pour un appartement et 5 351 €/m² pour une maison à Marly-le-Roi. Mais la dispersion interne est frappante.
| Secteur | Prix moyen constaté |
|---|
| Avenue Jean Béranger | 6 418 €/m² |
| Rue de Viseu | 6 174 €/m² |
| Square de Saint-Germain | 3 348 €/m² |
| Square des Ormes | 3 408 €/m² |
| Square de Grandchamp | 3 429 €/m² |
Un écart proche du simple au double sur une commune de 6,7 km². Les adresses les plus valorisées sont celles du vieux Marly et du secteur de Montval, où dominent maisons de caractère et petits immeubles de facture ancienne ; les plus accessibles portent des noms de squares, et ces squares sont ceux des Grandes Terres. Le confort thermique n’explique évidemment pas tout — l’adresse, la vue, la proximité du parc et l’accès à la gare de la ligne L comptent au moins autant. Mais il pèse dans cette hiérarchie, et il y pèse de plus en plus depuis que l’étiquette énergétique figure obligatoirement sur chaque annonce et que les acquéreurs raisonnent en coût global, prix d’achat plus travaux à prévoir.
Les Grandes Terres : 1 500 logements sous label patrimonial
Un grand ensemble pionnier
Construit à partir de 1955 par Marcel Lods, assisté de Jean-Jacques Honegger et des frères Arsène-Henry, l’ensemble des Grandes Terres déploie environ 1 500 logements en vingt-sept bâtiments regroupés autour de neuf squares, dans un parc paysager de trente hectares. C’est près d’un cinquième du parc de logements de la commune concentré dans une seule opération.
Sa conception, directement inspirée de la Charte d’Athènes, privilégie l’ensoleillement et la vue. Techniquement, elle repose sur une ossature en béton vibré et sur des panneaux de façade préfabriqués en tôle intégrant les menuiseries, remplacés depuis par de l’aluminium, ainsi que sur des balcons-loggias à demi en saillie. Ces choix, remarquables en 1956, sont devenus des points faibles thermiques : enveloppe légère peu isolée et ponts thermiques importants au droit des dalles de loggias.
Le label change la donne pour l’isolation
L’ensemble a été labellisé « Patrimoine du XXe siècle » en 2008, label devenu depuis Architecture contemporaine remarquable. Ce statut n’interdit pas les travaux, mais il impose que toute intervention modifiant l’aspect extérieur soit portée à la connaissance de l’autorité compétente et respecte l’écriture architecturale d’origine. Une isolation par l’extérieur banale, qui épaissirait les façades et effacerait la finesse des panneaux et des loggias, se heurte frontalement à cette exigence.
Les leviers restent donc les menuiseries performantes, le traitement des loggias, la reprise des toitures-terrasses, la modernisation du système de chauffage et l’équilibrage des réseaux. Ce sont des chantiers de copropriété, pas de lot individuel.
Un DPE collectif obligatoire
Le calendrier du DPE collectif visait d’abord les copropriétés de plus de deux cents lots, à compter du 1er janvier 2024, avant de s’étendre aux copropriétés de cinquante à deux cents lots en 2025, puis à celles de cinquante lots ou moins au 1er janvier 2026. Aux Grandes Terres, l’obligation est donc pleinement en vigueur. Ce document, qui porte sur les bâtiments et non sur les lots, alimente le plan pluriannuel de travaux et fiabilise chaque DPE individuel : les données d’enveloppe et d’équipements collectifs y sont déjà relevées.
Le vieux Marly et les abords du Domaine national
De l’autre côté de la commune, le village ancien s’organise autour de la Grande Rue, de l’abreuvoir et des lisières du Domaine national de Marly, sur l’emprise de l’ancien château de Louis XIV. Le bâti y est majoritairement en pierre et en meulière, souvent antérieur à 1949, parfois situé dans un périmètre de protection patrimoniale où l’aspect extérieur est encadré.
La conséquence énergétique est la même que dans le quartier des Grandes Terres, pour des raisons opposées : l’isolation par l’extérieur est rarement une option. Le gain de classe passe par la toiture et les combles, par le remplacement des menuiseries dans le respect des dessins existants, par la ventilation et par le système de chauffage. Sur ce bâti ancien, une isolation intérieure doit rester perspirante : un pare-vapeur étanche appliqué contre un mur en meulière crée des désordres d’humidité durables.
Ce même bâti d’avant 1949 déclenche l’obligation de constat plomb, systématiquement à prévoir dans le budget de diagnostics du vieux Marly.
Prix d’un DPE à Marly-le-Roi
| Type de bien | Fourchette observée |
|---|
| Studio ou T2 | 100 à 140 € |
| Appartement T3 à T5 | 120 à 170 € |
| Maison jusqu’à 150 m² | 150 à 210 € |
| Maison de plus de 150 m² | à partir de 200 € |
Aucune réglementation n’encadre les tarifs : chaque cabinet fixe librement ses prix. Avec 29,9 % de trois pièces et 30,2 % de logements de cinq pièces ou plus, le parc marlychois se répartit assez également entre les deux lignes médianes du tableau.
Le devis dépend de la surface, de l’année de construction, du nombre de systèmes à relever et de l’accessibilité des combles et sous-sols. Regrouper les diagnostics en une seule visite reste le levier d’économie le plus simple, comme le détaille notre guide des tarifs. Rapporté à un prix moyen communal de 4 626 €/m², ce budget représente moins de la moitié d’un mètre carré.
Coefficient électrique 1,9 : l’effet sur le parc marlychois
Le DPE ne mesure pas la consommation facturée mais l’énergie primaire. Jusqu’à fin 2025, un kilowattheure d’électricité comptait pour 2,3 kilowattheures d’énergie primaire ; depuis le 1er janvier 2026, en application de l’arrêté du 13 août 2025, ce coefficient est ramené à 1,9.
À consommation identique, un logement chauffé à l’électricité gagne donc en note. L’effet est net sur les appartements équipés de convecteurs et sur le pavillonnaire des années 1970-1990. Il est nul, en revanche, pour les immeubles restés au chauffage collectif gaz ou fioul. Votre DPE antérieur reste valable jusqu’à son terme : le refaire n’a d’intérêt que si votre bien était classé F ou G avec un chauffage électrique.
Passoires thermiques : calendrier et réalité locale
Location interdite pour les logements classés G depuis 2025, pour les F en 2028, pour les E en 2034, avec gel des loyers pour les classes F et G. Sur un marché où le quart des ménages est locataire et où les biens les plus abordables sont aussi les plus anciens thermiquement, l’échéance de 2028 concerne un volume de logements loin d’être marginal.
Vendre reste possible sans restriction. Un bien en monopropriété classé F ou G doit toutefois être accompagné d’un audit énergétique réglementaire. Notre guide du propriétaire de passoire thermique détaille l’arbitrage entre travaux et décote.
Termites à Marly-le-Roi : ce que dit l’arrêté préfectoral
Le zonage termites des Yvelines est fixé par l’arrêté préfectoral n° 2017-DDT-SUR-001 du 26 octobre 2017, commune par commune. Les communes visées se concentrent sur la boucle de Seine et le secteur de Versailles : Achères, Carrières-sur-Seine, Chatou, Maurecourt, Versailles et leurs voisines immédiates. Marly-le-Roi ne figure pas dans ce zonage, et aucun état parasitaire n’y est donc exigible pour une vente.
Ce zonage étant révisable au fil des déclarations en mairie, il reste utile de le vérifier auprès de la commune avant toute transaction. Notre page dédiée au diagnostic termites explique le mécanisme de ces arrêtés.
Déroulé de l’intervention et documents à préparer
Comptez de quarante-cinq minutes à deux heures selon le bien. Le diagnostiqueur relève les surfaces déperditives, les isolants, les menuiseries, le chauffage, la production d’eau chaude et la ventilation. La méthode conventionnelle dite 3CL s’impose et ne dépend pas des habitudes des occupants.
En copropriété, rassemblez le règlement, les derniers procès-verbaux d’assemblée mentionnant des travaux d’enveloppe et, s’il existe, le DPE collectif de l’immeuble. En maison, réunissez les factures d’isolation, les notices de chauffage et les plans. Chaque justificatif évite une valeur par défaut pénalisante.
Le rapport est enregistré auprès de l’ADEME avec un numéro à treize caractères. Pour tout DPE réalisé depuis juillet 2021, l’attestation officielle se télécharge gratuitement sur l’observatoire de l’ADEME : aucun prestataire n’est fondé à vous la facturer.