Vendre ou louer un logement à Milly-la-Forêt impose un diagnostic de performance énergétique valide. Mais dans cette commune du sud de l’Essonne, au cœur du Gâtinais, une autre pièce du dossier bloque bien plus souvent les ventes que le DPE lui-même : le contrôle de l’assainissement non collectif. Beaucoup de propriétaires l’apprennent chez le notaire, à quelques jours de la signature. Voici ce que le DPE mesure, ce qu’il coûte, combien de temps il vaut, et ce qui doit l’accompagner en 2026.
Le DPE à Milly-la-Forêt : ce que le diagnostic mesure
Le diagnostic de performance énergétique évalue la consommation d’énergie primaire d’un logement et ses émissions de gaz à effet de serre, puis lui attribue une double étiquette de A à G. Il est obligatoire pour toute vente et toute location, et son étiquette doit figurer dans l’annonce.
Depuis la réforme de juillet 2021, le DPE est opposable : l’acquéreur ou le locataire peut engager la responsabilité du vendeur, du bailleur et du diagnostiqueur en cas d’erreur. Il repose sur une méthode conventionnelle unique, dite 3CL-DPE, quel que soit le type de bien. Les factures d’énergie ne servent plus de base au classement.
Le diagnostiqueur relève les caractéristiques physiques du bâti : surfaces déperditives, isolants, menuiseries, chauffage, production d’eau chaude, ventilation. Notre guide complet du DPE détaille le calcul et la lecture des étiquettes.
Assainissement non collectif : le diagnostic que le DPE ne remplace pas
Tout logement non raccordé au réseau public de collecte des eaux usées doit faire l’objet d’un contrôle de son installation d’assainissement non collectif en cas de vente. Ce document fait partie du dossier de diagnostic technique au même titre que le DPE, mais il obéit à des règles très différentes — et c’est ce qui surprend.
Il n’est pas réalisé par un diagnostiqueur privé. Le contrôle est assuré par le service public d’assainissement non collectif, le SPANC, de la commune ou de l’intercommunalité. C’est lui qu’il faut solliciter, et lui seul délivre le rapport qui fera office de diagnostic.
Sa validité se compte à partir de l’acte authentique. Le rapport doit dater de moins de trois ans au jour de la signature définitive, et non au jour du compromis. Le piège est classique : un document valide au compromis peut être périmé le jour de l’acte si la vente s’étire, et il faut alors le refaire, aux frais du vendeur. Bon à savoir : si un contrôle périodique du SPANC a été réalisé moins de trois ans avant la vente, il tient lieu de diagnostic et il est inutile d’en demander un second.
Une non-conformité ne bloque pas la vente. Le vendeur n’est pas tenu de réaliser les travaux : il doit informer l’acquéreur du résultat. C’est ce dernier qui dispose ensuite d’un an à compter de la signature de l’acte pour mettre l’installation en conformité, à ses frais. Ce délai est d’ordre public : aucune clause du contrat ne peut l’écarter.
Le suivi existe désormais. Depuis 2021, le notaire adresse au SPANC, dans le mois suivant l’acte, une attestation mentionnant la date de la vente, l’identification du bien ainsi que les nom et adresse de l’acquéreur.
Ne rien faire est le pire choix. Un vendeur qui s’abstient de faire établir le contrôle n’échappe pas au coût des travaux : il s’expose à une action en garantie des vices cachés, avec un risque d’annulation de la vente ou de dommages et intérêts.
Un dernier conseil de méthode. Le DPE et le contrôle d’assainissement ne se recouvrent pas : le premier ne dit rien du second. En revanche, si une réhabilitation d’assainissement est prévue, il est rationnel de la planifier en même temps que les travaux d’isolation ou de chauffage — terrassements, accès et réseaux se mutualisent, et le DPE projeté avant travaux permet de chiffrer le gain d’étiquette du même coup.
Le bâti millacois face au DPE
Milly-la-Forêt compte environ 5 000 habitants et son territoire, très étendu entre bourg, hameaux et lisières forestières, explique la coexistence de trois situations bien distinctes.
Le bourg ancien, autour de la halle et des rues étroites qui la bordent, réunit des maisons antérieures à 1949, en pierre ou en grès, aux murs épais non isolés et aux combles rarement traités. Ce sont elles qui concentrent les mauvaises étiquettes, et les seules concernées par le constat de risque d’exposition au plomb.
Les pavillons des années 1960 à 1990 forment le cœur du marché. Isolation d’origine devenue insuffisante, chauffage électrique, au fioul ou au propane en citerne faute de réseau de gaz : ils relèvent de l’audit énergétique dès qu’ils sont classés E, F ou G.
Les hameaux et écarts, enfin, cumulent souvent bâti ancien et assainissement individuel. C’est là que le contrôle du SPANC est systématiquement en jeu.
Le constat amiante est dû pour tout bien dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, ce qui vise la quasi-totalité du parc. Le mesurage loi Carrez ne concerne, lui, que les lots de copropriété, peu nombreux ici.
Ce qui change pour le DPE en 2026
Le nouveau coefficient de l’électricité
L’arrêté du 13 août 2025 a abaissé le coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité de 2,3 à 1,9. Les pavillons millacois chauffés par convecteurs peuvent gagner une classe entière sans le moindre travaux, et passer de E à D dispense de l’audit énergétique à la vente. Sur une commune sans réseau de gaz, où l’électricité est très présente, l’effet est loin d’être marginal.
Le calendrier des passoires thermiques
La loi Climat et Résilience échelonne l’interdiction de mise en location : les logements classés G ne sont plus louables depuis 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034. Ce calendrier des passoires thermiques frappe en priorité le bâti ancien du bourg et des hameaux.
Le DPE collectif des copropriétés
Depuis le 1er janvier 2026, les copropriétés de cinquante lots ou moins doivent disposer d’un DPE collectif, les ensembles plus grands y étant déjà soumis. Les quelques petites copropriétés de la commune entrent dans ce périmètre.
L’attestation ADEME gratuite
Tout DPE réalisé après juillet 2021 reçoit un numéro à treize caractères permettant de télécharger gratuitement l’attestation ADEME. Aucun prestataire n’est fondé à facturer ce document.
Les autres diagnostics et l’état des risques
Les états des installations intérieures d’électricité et de gaz sont exigés dès que l’installation dépasse quinze ans. Le second concerne ici les logements alimentés en propane par citerne, cas fréquent en l’absence de réseau. Regrouper l’ensemble en une seule intervention reste la solution la plus simple, d’autant que les distances sont importantes sur ce territoire : c’est l’objet de notre pack vente.
L’état des risques et pollutions complète le dossier. La sismicité n’y joue aucun rôle : l’Essonne est classée en zone 1, dite très faible, niveau qui ne déclenche aucune obligation d’information, celle-ci ne visant que les zones 2 à 5. Le contenu réel se détermine à l’adresse, et porte principalement, sur ce secteur du Gâtinais, sur le retrait-gonflement des sols argileux, les mouvements de terrain liés aux affleurements gréseux, et l’inondation à proximité de l’École. Sa validité est de six mois : il se produit au plus près du compromis.
Combien coûte un DPE à Milly-la-Forêt ?
Le prix d’un DPE n’est pas réglementé. Il dépend de la surface, de la configuration, du nombre de niveaux et de la distance d’intervention, ce dernier point pesant davantage ici que dans la petite couronne.
Le contexte de marché mérite d’être rappelé : à Milly-la-Forêt, le prix moyen s’établit à 3 126 € le mètre carré pour les appartements et 2 646 € pour les maisons, avec des écarts de 1 650 à 4 390 € selon les adresses, d’après les estimations MeilleursAgents de février 2026. Sur un marché à ce niveau, une réhabilitation d’assainissement — souvent chiffrée en milliers d’euros — pèse autant qu’un gain de classe énergétique dans une négociation. C’est précisément pourquoi les deux sujets se traitent ensemble.
Regrouper le DPE avec les autres constats réduit sensiblement le coût unitaire. Seul un devis établi sur les caractéristiques réelles du bien donne un chiffre fiable.
L’audit énergétique : quand est-il exigé ?
À ne pas confondre avec le DPE, l’audit énergétique réglementaire est obligatoire pour la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G, et doit être remis dès la première visite, pas au compromis. Il ne se contente pas de classer : il propose au moins deux scénarios de travaux chiffrés, l’un en une étape, l’autre échelonné, permettant d’atteindre au minimum la classe B. Sa durée de validité est de cinq ans. Sur une commune où la maison individuelle est très largement dominante et le bâti souvent ancien, cette obligation concerne une large part des transactions, et elle suppose de l’anticiper de plusieurs semaines avant la mise en ligne de l’annonce.
Notre estimateur de travaux de rénovation énergétique donne un premier ordre de grandeur budgétaire, utile pour arbitrer entre vendre en l’état avec décote et engager les travaux.