Vendre ou louer un logement à Verrières-le-Buisson impose un diagnostic de performance énergétique valide. Avec 15 000 habitants répartis sur près de 10 km², la commune est l’une des moins denses de la petite couronne sud : le pavillon y domine, et l’agrandissement y est le mode d’évolution le plus courant du bâti. Or une extension obéit depuis 2023 à une réglementation qui lui est propre, et son effet sur l’étiquette du logement n’est pas celui que l’on croit. Voici ce que le DPE mesure, ce qu’il coûte, combien de temps il vaut, et ce qui s’applique en 2026.
Le DPE à Verrières-le-Buisson : ce que le diagnostic mesure
Le diagnostic de performance énergétique évalue la consommation d’énergie primaire d’un logement et ses émissions de gaz à effet de serre, puis lui attribue une double étiquette de A à G. Il est obligatoire pour toute vente et toute location, et son étiquette doit figurer dans l’annonce.
Depuis la réforme de juillet 2021, le DPE est opposable : l’acquéreur ou le locataire peut engager la responsabilité du vendeur, du bailleur et du diagnostiqueur en cas d’erreur. Il repose sur une méthode conventionnelle unique, dite 3CL-DPE, quel que soit le type de bien. Les factures d’énergie ne servent plus de base au classement.
Le diagnostiqueur relève les caractéristiques physiques du bâti : surfaces déperditives, isolants, menuiseries, chauffage, production d’eau chaude, ventilation. Notre guide complet du DPE détaille le calcul et la lecture des étiquettes.
Agrandir sa maison : la RE2020 et son effet sur l’étiquette
C’est le sujet le plus utile sur une commune où l’on agrandit plus souvent qu’on ne déménage, et il repose sur une distinction que beaucoup de propriétaires ignorent.
Une extension ou une surélévation est juridiquement une construction neuve greffée sur l’existant. À ce titre, elle relève de la réglementation environnementale 2020, et non de la réglementation applicable aux bâtiments existants. Depuis le 1er janvier 2023, toute demande de permis de construire ou de déclaration préalable portant sur l’extension d’une maison individuelle entre dans le champ de la RE2020, quelle que soit sa surface. Les parties simplement rénovées de la maison, elles, continuent de relever de la réglementation thermique de l’existant.
Les exigences sont proportionnées à la surface de référence de l’extension :
- jusqu’à 50 m², ce sont des exigences de moyens qui s’appliquent : performance des parois vitrées, isolation, régulation des émetteurs de chauffage, ventilation ;
- entre 50 et 80 m², une version allégée de la RE2020 s’applique, avec le respect du besoin bioclimatique, des seuils de confort d’été et une étude carbone ;
- au-delà de 80 m², la RE2020 s’applique pleinement : étude énergétique et étude carbone, avec des exigences portant aussi sur les systèmes.
Dans tous les cas, une attestation de prise en compte de la réglementation doit être jointe à la demande d’autorisation d’urbanisme.
Vient ensuite le point que personne n’anticipe. Le DPE porte sur l’ensemble du logement, pas sur l’extension seule. Une véranda ou une pièce ajoutée, même parfaitement conforme, augmente les surfaces déperditives et modifie la surface de référence retenue par le calcul. Sur une maison des années 1950 ou 1960 non isolée, une extension bien conçue tire la moyenne vers le haut ; une extension conforme au minimum, avec de grandes surfaces vitrées et un simple prolongement du chauffage existant, peut au contraire dégrader le classement global.
Deux réflexes en découlent. Refaire le DPE après travaux, car l’ancien ne décrit plus le logement vendu. Et conserver l’attestation RE2020 ainsi que les justificatifs de l’extension : ce sont exactement les pièces qu’un diagnostiqueur peut prendre en compte, et celles qui alimentent le carnet d’information du logement lorsqu’il est exigé.
Le bâti verriérois face au DPE
Verrières-le-Buisson s’étend sur 9,91 km² pour un peu plus de 15 000 habitants, avec une densité inhabituellement faible pour le secteur et un parc très majoritairement individuel. Le marché en témoigne : maisons et appartements s’y négocient à des niveaux presque identiques, à quelques points près.
Le village ancien, autour de l’église et des anciennes propriétés horticoles, réunit des constructions antérieures à 1949 aux murs épais non isolés. Ce sont les seules concernées par le constat de risque d’exposition au plomb.
Les pavillons des années 1930 aux années 1970, largement majoritaires, constituent le cœur du marché. Isolation d’origine devenue insuffisante, combles souvent sous-traités, chauffage au gaz ou électrique : ce sont eux qui font l’objet des extensions, et eux aussi qui relèvent de l’audit énergétique lorsqu’ils sont mal classés.
Les petits collectifs et les opérations récentes, minoritaires, se classent nettement mieux.
Le constat amiante est dû pour tout bien dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, ce qui vise la quasi-totalité du parc. Le mesurage loi Carrez ne concerne, lui, que les lots de copropriété.
Ce qui change pour le DPE en 2026
Le nouveau coefficient de l’électricité
L’arrêté du 13 août 2025 a abaissé le coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité de 2,3 à 1,9. Les pavillons verriérois chauffés par convecteurs peuvent gagner une classe entière sans le moindre travaux, et passer de E à D dispense de l’audit énergétique à la vente.
Le calendrier des passoires thermiques
La loi Climat et Résilience échelonne l’interdiction de mise en location : les logements classés G ne sont plus louables depuis 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034. Ce calendrier des passoires thermiques touche moins la commune que ses voisines, le parc locatif y étant restreint, mais il pèse sur la valeur de revente des pavillons non rénovés.
Le DPE collectif des copropriétés
Depuis le 1er janvier 2026, les copropriétés de cinquante lots ou moins doivent disposer d’un DPE collectif, les ensembles plus grands y étant déjà soumis. Les quelques résidences de la commune entrent dans ce périmètre.
L’attestation ADEME gratuite
Tout DPE réalisé après juillet 2021 reçoit un numéro à treize caractères permettant de télécharger gratuitement l’attestation ADEME. Aucun prestataire n’est fondé à facturer ce document.
L’ERP à Verrières-le-Buisson : Bièvre et sols argileux
L’état des risques et pollutions complète le dossier, et deux aléas dominent ici.
Le premier est l’inondation. La commune est traversée par la Bièvre ainsi que par les ruisseaux de Vauhallan et des Godets, et figure à l’atlas des zones inondables du bassin. Le syndicat intercommunal pour l’assainissement de la vallée de la Bièvre, dont le siège se trouve à Verrières-le-Buisson, publie par ailleurs une cartographie du risque commune par commune, utile à consulter avant d’acheter en fond de vallée.
Le second est le mouvement de terrain lié au retrait-gonflement des sols argileux. La commune a fait l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle à ce titre, notamment après les sécheresses de 2003 et de 2009. Conséquence directe pour un vendeur : depuis le décret du 5 février 2024, il doit joindre la liste des travaux indemnisés au titre d’un sinistre sécheresse et non encore réalisés. Sur des pavillons à fondations superficielles, la question est loin d’être théorique.
En revanche, la sismicité n’entre pas en jeu : l’Essonne est classée en zone 1, dite très faible, niveau qui ne déclenche aucune obligation d’information, celle-ci ne visant que les zones 2 à 5. Le contenu exact de l’état des risques se détermine à l’adresse, jamais à l’échelle communale, et sa validité est de six mois.
Les autres diagnostics associés au DPE
Les états des installations intérieures d’électricité et de gaz sont exigés dès que l’installation dépasse quinze ans : sur un pavillon des années 1960, ils sont systématiques, sauf rénovation récente documentée. Regrouper l’ensemble en une seule intervention reste la solution la plus simple : c’est l’objet de notre pack vente.
Combien coûte un DPE à Verrières-le-Buisson ?
Le prix d’un DPE n’est pas réglementé. Il dépend de la surface, de la configuration et du nombre de niveaux. Une maison de 160 m² avec sous-sol, combles aménagés et extension mobilise nettement plus de temps de relevé qu’un appartement de trois pièces.
Le contexte de marché mérite d’être rappelé : à Verrières-le-Buisson, le prix moyen s’établit à 5 162 € le mètre carré pour les appartements et 4 942 € pour les maisons, avec des écarts de 3 340 à 7 730 € selon les quartiers, d’après les estimations MeilleursAgents de juin 2026. Ce sont des niveaux élevés, y compris pour l’Essonne : sur une maison de 150 m², l’écart de valorisation entre une étiquette D et une étiquette F se compte en centaines de milliers d’euros de valeur exposée.
Regrouper le DPE avec les autres constats réduit sensiblement le coût unitaire. Seul un devis établi sur les caractéristiques réelles du bien donne un chiffre fiable.
Audit énergétique et DPE projeté
À ne pas confondre avec le DPE, l’audit énergétique réglementaire est obligatoire pour la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G, et doit être remis dès la première visite. Sur une commune aussi pavillonnaire, cette obligation concerne une part importante des transactions.
En amont d’une décision de travaux, le DPE projeté avant travaux simule le classement qu’atteindrait le logement après un scénario donné. Il est particulièrement utile lorsqu’un projet d’extension se double d’une rénovation de l’existant : il permet de vérifier que l’ensemble progresse, et pas seulement la partie neuve. Notre estimateur de travaux de rénovation énergétique donne un premier ordre de grandeur budgétaire.